Le fendage et les porteuses de cylindres

Des cartes postales anciennes aux métiers énigmatiques

Le fendage et les porteuses de cylindres

Voici des légendes de cartes postales anciennes pour le moins énigmatiques !

Quand on sait qu’il s’agit de vues prises dans les verreries, on est sur la piste. Et quand on nous précise que ces verreries fabriquaient du verre à vitre tout s’éclaire.

Mais revenons un peu en arrière, avant l’invention du verre à vitre. Autrefois nos ancêtres occultaient leurs fenêtres uniquement par des volets en bois, ce qui avait une certaine efficacité mais ne laissait passer aucune lumière ! Il fallait donc laisser la fenêtre ouverte de jour, avec la pluie, le vent, le froid et le chaud, raison pour laquelle on ne faisait que de petites ouvertures. Puis on a tendu des peaux de bête, grattées et huilées pour devenir translucides, comme une peau de tambour. Peu de lumière passait, mais au moins la fenêtre devenait étanche. Avec le développement des verreries on fabriqua des disques en verres, qui, sertis de plombs et assemblé à plusieurs, formaient des fenêtres, un peu comme un vitrail Elles laissaient passer plus de lumière que la peau (ou le parchemin)., mais on ne voyait pas à travers. En effet, les disque de verre, aussi appelés cives,  étaient fabriqués par la force centrifuge de la rotation d’une masse de verre au bout de la canne du verrier. Ces disques sont facilement reconnaissables, avec un épais bouton central (où était fixée la canne) et  s’affinant en allant vers le bord. Une autre technique consistait à souffler une boule de verre, puis à l’ouvrir et la faire aplatir dans un four à étendre. On découpait ensuite des petits carrés ou rectangles dans ce verre plat, pour monter, avec du plomb, des fenêtres également sous forme de vitrail, mais du fait de la meilleure régularité de l’épaisseur du verre on commençait à voir au travers.
L’invention majeur du XIXème siècle fut la fabrication de «canons» de verre. Un verrier soufflait une grosse boule de verre, puis au bout de sa canne lui donnait un mouvement de balancier vers le bas, ce qui étirait la boule en forme de tube ou manchon, lequel pouvait atteindre plus d’un mètre cinquante de long. Pour ne pas faire toucher le tube au sol lors du mouvement de balancier, le verrier soufflait au dessus d’une fosse, ce qui demandait force et précision. Ces longs tubes ou «canons», dont on sciait les deux bouts, étaient ensuite porté par des «porteuses de cylindres» jusqu’à un autre atelier où le cylindre était fendu sur toute sa longueur, opération délicate. Ces cylindres ainsi fendus étaient ensuite placés dans le «four à étendre» où la chaleur faisait progressivement s’ouvrir le cylindre jusqu’à s’aplatir et former une belle plaque de verre. On découpait enfin dans ces plaques des vitres dont la taille pouvait être assez grande. Ce verre, transparent, ne déformait que peu la vision car le souffleur, grâce à sa maîtrise et sa longue expérience, arrivait à faire des cylindres à la parois assez homogène. Néanmoins on reconnait aujourd’hui facilement ces carreaux en verre soufflé, en repérant dans le verre certaines traces du mouvement d’étirement, parfois de petites bulles, et de légères déformation de la vue quand on regarde au travers.
Avec un peu d’observation on constate que nombre de bâtiments possèdent encore de telles vitres, fabriquées de la sorte jusqu’aux années soixante, période à laquelle on a mis au point la fabrication du verre par flottage sur un bain d’étain fondu.
Voici par exemples de très belles anciennes vitres fabriquées par la technique des canons de verre. On y voit toute l’irrégularité du verre, avec les traces des mouvements de rotation et de balancier des canes et la déformation des images due au fait que les vitres, lors du passage dans le four à étendre, ne s’aplatissaient pas complètement.


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