Les protestants et la Chapelle de Hollande à Paris dans le Marais

En 1685, par son édit de Fontainebleau, Louis XIV révoqua l’édit de Nantes qui avait été promulgué par Henri IV en 1598 mettant ainsi un terme aux guerres de religion. Louis XIV mis alors fin à la coexistence des deux cultes (catholique et protestant) et obligea les protestants à s’exiler en choisissant « le refuge » en Hollande, Suisse, Suède, Angleterre …

Mais dans la capitale l’application stricte de l’édit de Fontainebleau laissa place à quelques compromis. Ainsi, considérant que les ambassades jouissaient d’un droit d’ex-territorialité, celles de Suède, du Danemark ou de Hollande ouvrirent leurs portes au culte, non seulement à leurs ressortissants, mais aussi, discrètement, à celui des parisiens réformés.

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L’hôtel Amelot de Bisseuil, où se trouvait la chapelle de Hollande

L’ambassade de Hollande était localisée au XVIIIème siècle dans l’ancien hôtel Amelot de Bisseuil, hôtel particulier construit entre 1657 et 1660 rue Tournon dans le Marais et qui a connu diverses destinées (voir son historique dans Wikipedia ici ===>>> et de très belles photos dans Paris Promeurs ici ===>>>). Ce magnifique ensemble, aussi nommé Hôtel des Ambassadeurs de Hollande, a fait l’objet récemment de gros travaux et va ouvrir au public (voir ici l’annonce de l’ouverture en tant qu’hôtel de luxe en 2016 et l’implantation d’une boutique Channel dans les locaux fin 2016 ici ===>>>).

Louis XV par sa déclaration de 1724 ne lâche rien, même si quelques protestants illustres vivent à Paris. Et finalement, en 1787, Louis XVI signe l’édit de Tolérance qui sera une première reconnaissance officielle du protestantisme en France. Les protestants vont alors s’organiser et le pasteur MARRON, ancien aumônier de la Chapelle de Hollande, va s’activer pour ouvrir un premier lieu de culte dans l’église alors désaffectée de Saint-Louis du Louvre (article très complet: Quelques jalons d’histoire du protestantisme à Paris  des origines a 1787 à voir ici ===>>> ) ainsi que l’article sur la Chapelle de Hollande à voir ici ===>>> et dont voici un extrait significatif: Mais c’est surtout l’ambassade de Hollande, à l’angle de la rue des Saints-Pères et de l’actuel boulevard Saint-Germain, qui va devenir le centre ces Réformés parisiens, qui s’y rendront à leurs risques et périls. En 1700, le pasteur VILLAINES, chapelain de l’ambassade, est arrêté à la frontière pour avoir exercé d’une façon trop voyante son ministère auprès des gens de la Religion Prétendue Réformée. (RPR) Vers 1720, le culte a lieu deux ou trois fois par dimanche, avec des assemblées de 6 à 700 personnes, Le nombre des communiants s’élève à 1 500. On vient à ces cultes de Meaux, de Caen, de Saint-Quentin, d’Amiens, d’Orléans. 139 jeunes Sancerrois sont reçus à la Sainte- Cène, après instruction religieuse, entre 1753 et 1787. Un registre. qui porte sur une trentaine d’années, contient le nom de 2850 confirmands. A partir de 1762, l’ambassade possède deux aumôniers. L’un du VOISIN, épouse la fille de CALAS.

Dès lors un état civil leur est accordé et des extraits délivrés par la mairie de Paris. C’est un tel document, daté de l’An XIII de la République, que nous proposons à nos lecteurs. Ce rare document, émis par les Archives de la Seine, permettait de constater l’état civil à partir des registres paroissiaux. Pour le cas qui nous occupe la mention pré-imprimée (dans la) ci-devant paroisse a été barrée et remplacée par la mention manuscrite (dans la) Chapelle D’hollandes.

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De tels registres, émanant de la chapelle de Hollande, avaient été déposés aux Archives de la Seine, et dans celui contenant les baptêmes de l’année 1763, le dénommé MARQUIS, chef des Archives, a alors extrait et collationné la naissance de Sophie MEYER.

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La ville de Morat en Suisse au bord de son lac

On y apprend qu’elle était la fille de l’horloger de Morat François MEYER (canton de Berne, aujourd’hui canton de Fribourg en Suisse) et de son épouse Jeanne Françoise WILLIERME.

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Le baptême a eu lieu en l’hôtel de son excellence Monsieur LESTEVENON leur Ambassadeur à la Cour de France. On trouve dans la Biographie Nouvelle des Contemporains de 1824 une courte notice sur ce LESTEVENON de BERKENRODE, notice qui le qualifie d’ambassadeur de la république Batave, nom donné entre 1795 et 1806 à la Hollande actuelle (partie des Pays Bas).

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L’extrait délivré en 1805 a sans doute servit pour une raison administrative concernant la fille Sophie MEYER (mariage ?).

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