De Bildstein (Autriche) à Moernach (Alsace) où elle suivra la condition de son mari

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Christine BÖHLER était née le onze décembre 1784 à Bildstein, petit village du District de Bregenz dans le Vorarlberg en Autriche. Ses parents, les époux Aloïse BÖHLER et Madeleine GEIGER, y vivaient également.
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Bildstein près du Lac de Constance en Autriche
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Elle vint en France comme servante, où elle résida sans interruption depuis le neuf  mars 1824, et ce jusqu’en juillet 1845 date où elle sollicita un certificat de la municipalité de Moernach, sans doute en vue de se marier. A cette date elle était servante dans ce village du Sundgau (Haut-Rhin), marqué Mornach sur cette carte ancienne, au nord-ouest de Ferrette.
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Le village de Moernach (Mornach) est représenté au haut de cet extrait de la carte de Robert (vers 1700). La frontière en vert (bas de la carte) sépare la France de la Suisse (2)
Le document notre possession, manuscrit sur papier timbré, émanant de François Joseph ENDERLIN le maire de Moernach, précisait que Christine BÖHLER allait convoler avec le veuf Jacques VETTER, cultivateur à Moernach et qu’elle suivrait alors la condition de son mari comme le voulait le Code Civil.
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Maire actuelle de Moernach
Extrait de L’Evolution du Code Civil, voir ici le texte complet ===>>>
Napoléon Ier va s’intéresser à la définition de l’étranger, il va en préciser les contours, et cette définition du citoyen introduite par Napoléon va être l’origine de notre propre système. La révolution et la France monarchique avaient fait du droit du sol le critère déterminent . Napoléon considère qu’il y a deux solutions pour devenir français, à savoir que soit il opte pour le droit du sol , soit pour le droit du sang en fondant la notion de citoyen sur la filiation . Ce qui importe pour Napoléon c’est l’unité de la nation, et l’attachement aux valeurs françaises. Pour Napoléon, c’est le droit du sang qui permet le mieux de créer un lien avec un Etat . L’attachement à un pays vient de racines familiales. C’est pour cette raison qu’il choisit le droit du sang. Cela se remarque dans les articles du Code Civil. C’est l’article 10 alinéa 1er qui dispose « tout enfant né d’un français en pays étranger est français ».
Napoléon va également garantir la cohésion familiale par le biais de la citoyenneté. L’article 12 du Code Civil prévoit que l’épouse suit la condition de son mari. Mais si une française épouse un étranger, elle perd la citoyenneté française. L’objectif de Napoléon est d’assurer la cohésion de la famille, il ne lui parait pas logique que la mère d’un français ne soit pas française. Ce critère choisit le droit du sang, qui est le seul qui permet la cohésion nationale, qui est nécessaire à la France, selon Napoléon. Pour autant, Napoléon n’exclue pas totalement le droit du sol . Il prévoit que:
– Un étranger né sur le territoire français est étranger, mais il peut réclamer la qualité de
français, la citoyenneté française à condition qu’il ait son domicile sur le territoire français, ou qu’il jure de fixer son domicile en France dans un délai d’un an. C’est ce qui est prévu à l’article 9 du Code Civil.
– Automatiquement, un étranger qui a son domicile en France pendant au moins 10 ans de manière continue, obtient la nationalité française. Un décret de 1809 supprime cet automatisme, en réintroduisant les lettres de naturalisation .
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Jacques VETTER le futur conjoint était en 1845 veuf de Marie Anne REINHARD, morte l’année précédente à Moernach (1).
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Le couple s’était uni en 1815 à Moernach. Jacques VETTER né vers 1782 était le fils de Jacques VETTER et de son épouse Madeleine HAGENTHORN. Son épouse, Marie Anne REINHART, de dix ans son aînée, était la fille de Jean Georges REINHART et de Catherine SCHLICKLIN (1).
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Notre autrichienne Christine BOEHLER décèda en 1852 à Moernach (1).
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Eglise de Moernach construite en 1804 (2)
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Son veuf se remaria en 1853 à Marie Anne ACKERMANN de Durlinsdorf (1).
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et il décèda à Moernach en 1855 (1).
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Finalement le maire ENDERLIN de Moernach refusa de signer le certificat faute de produire les pièces rigoureusement nécessaires en semblable cas, ce qui visiblement n’empêcha pas notre servante de se marier.
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(1) Archives Départementales du Haut-Rhin, voir par ici ===>>>
(2) Centre de recherches sur l’Histoire des Familles, voir ici ===>>>

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