La Pouille à Aiguebelle en Savoie

Aiguebelle en Basse-Maurienne

« Sur la route du Mont-Cenis, Aiguebelle est un centre commercial. Au XIIIe siècle, il y a plusieurs banquiers juifs ; mais lorsque en 1348 la peste noire ravage l’Europe, ceux-ci sont, comme un peu partout, victimes de la colère du peuple et 18 d’entre eux sont massacrés. Au XIVe siècle, ce sont les lombards, venus pour la plupart d’Asti en Piémont, qui remplissent les fonctions de prêteurs. Ville d’étape où les maîtres de postes changent de chevaux et où les voyageurs trouvent gîte et couvert, les cabarets et les hôtelleries sont nombreux : en 1823, il y a encore 33 personnes qui exercent le métier d’aubergistes. Enfin, jusqu’à une époque récente, le marché du mardi et les foires de la Saint-Claude (6 juin) ou de la Saint-Martin (12 novembre) attirent beaucoup de monde. L’industrie s’implante tardivement. En 1838, une fabrique d’acide gallique utilise les bois de châtaigniers nombreux dans la région ; elle employait 15 ouvriers. » Voir l’histoire d’Aiguebelle ici (pdf) ===>>>

 

Le hameau de la Pouille

Situe sur la rive gauche de l’Arc, au sud d’Aiguebelle, le hameau de La POUILLE nous intéresse particulièrement puisque c’est de lui qu’il s’agit dans notre document de 1782.

1810
La Pouille, cadastre de 1808-1812 (2)
1940
La Pouille, cadastre de 1940 (2)
CarteLaPouille
La Pouille aujourd’hui et au milieu du XIXème, cartes de l’IGN

En 1914, au hameau de La Pouille, une usine est construite par la Société des Fonderies et Aciéries Électriques ; elle atteint son apogée industrielle dans les années 1970 avec 360 employés.

 

Le site BASOL du Ministère de la Transition Ecologique, à voir ici ===>>>,  nous donne des informations sur l’activité industrielle qui s’est déroulée à la Pouille:
Description du site :
L’activité industrielle sur la zone de La Pouille remonte à 1875 et n’a pas cessé depuis. Consacrée initialement au grillage de minerai de fer en hauts fourneaux (1), puis à la fabrication de fonte, elle s’est ensuite orientée vers la fabrication de carbure de silicium et de ferro-silicium à partir de 1918. Cette activité s’est développée pendant plusieurs dizaines d’années avec notamment la création de fours et de plusieurs installations complémentaires dont un atelier de broyage et un bâtiment destiné aux essais de production.
Les activités ont été réglementées par plusieurs arrêtés préfectoraux, pris au titre des installations classées, le dernier en date du 24/02/1977.

Les installations industrielles du site ont changé d’exploitant à plusieurs reprises. M. Grange puis les Fonderies Aciéries Electriques, la société Electrochimique d’Electrométallurgie et des Aciéries d’Ugine, Ugine Khulman, la société Française d’Electrométallurgie, Pechiney Electrométallurgie, puis Pechiney Electrométallurgie Abrasifs Réfractaires (PEM AR).

En 1987, la SA Bianchini a repris l’exploitation de la partie de l’établissement consacrée au broyage et au tamisage de ferro-silicium pour y développer des activités de broyage et de tamisage de ferro-alliages et de valorisation des déchets issus de la métallurgie. Les sociétés REALINDUS puis SICVEN France lui ont succédé pour réaliser du tamisage et du conditionnement de carbure de silicium avant de cesser toute activité. Ce site fait l’objet de la fiche n° 73.0073.

Par courrier du 14/09/93, la société Pechiney Electrométallurgie a déclaré la cessation d’activité de la production de carbure de silicium (bâtiment principal au sud est de la zone).

L’activité de production de nitrure de silicium s’est poursuivie dans une partie du site (établissement toujours exploité à ce jour). Elle est aujourd’hui exploitée par la société Alcan Abrasifs Réfractaires Céramiques (ALCAN ARC), sous le régime de la simple déclaration. Ce site fait l’objet de la fiche n° 73.0042.

Une autre partie du site a été reprise en 1995 par la société CADREX, à laquelle a succédé la société CPS, pour y exploiter une unité de traitement de surfaces. Depuis l’arrêt de cette activité, la société TREZ occupe les mêmes locaux, pour y exploiter des installations destinées à la valorisation de boues industrielles à fortes teneurs en zinc. Ce site fait l’objet de la fiche n° 73.0081.

Un document de 1782

Pouille.4

En 1782 Victor Amé de CORDON, issu d’une ancienne famille noble de Savoie, en tant que propriétaire du domaine de la Pouille à Aiguebelle, fait faire un devis estimatif des réparations à apporter aux bâtiments de ce domaine. Il est représenté pour cela par son procureur, Georges CORNUTY fils de feu Aimé François CORNUTY (3) Major dans le Régiment National de Maurienne. Georges CORNUTY habitait, à une encâblure de La pouille, à Mercury-Gemelly. Il y était né en 1724 et y décéda en 1788 en tant que lieutenant-Colonel de ce Régiment de Maurienne.

Victor Amé de CORDON était général d’Infanterie et fils de François Joseph De La TOUR.  Victor Aimé figure dans la liste des émigrés.

Cordon2Cordon3

Pour la famille de Cordon voir la notice Wikiédia ici ===>>>

Cordon1

Ex1

Le bien en question, le domaine dit La Pouille, semble en piteux état « domaine La Pouille auquel il y a beaucoup de réparations à faire par défaut de manutention et d’entretien« . Le seigneur de CORDON fait donc constater ces dégradations aux « biens et bâtiments » et fait estimer les travaux à effectuer. Pour cela on convoque Madeleine BLANC, la tutrice  de Jean JAIRRIAUD héritier universel âgé de 7 ans de feu Claude JAIRRIARD fermier du dit Domaine.

Les deux experts assermentés sont François fils de feu Claude BARTAS, maître charpentier natif de Coigain près de Chambéry, et Pierre François fils de feu Antoine GERE, maître maçon natif de Sanion en Faucigny, tous deux habitants d’Aiguebelle. La tutrice se défend en disant que « les détériorations arrivées aux bâtiments ne sont survenues que par caducité et vétusté ou par des accidents imprévus« .

Malheureusement nous ne disposons pas du rapport d’expertise qui nous aurait sans aucun doute renseigné sur le type de bâtiment et des annexes qui composaient ce domaine (ferme, château ?). Par manque de connaissance du terrain, les patronymes et lieux n’ont pas tous été identifiés. Si d’aventure un lecteur possède des compléments, ils seront les bienvenus.

(1) Depuis les mines de fer de la Hurtière, Schneider Le Creusot avait développé des plans inclinés pour descendre le minerais vers son haut-fourneau de LA POUILLE.

Mines

Après une période d’extraction du minerai assez anarchique, les travaux furent repris en 1875 par la Compagnie Schneider du Creusot, de façon beaucoup plus rationnelle et rentable. Le minerai était descendu dans la vallée à l’aide de plans inclinés jusqu’à l’usine de la Pouille près d’Aiguebelle, où il était grillé (transformation des carbonates en oxydes pour augmenter la teneur en fer) puis expédié aux hauts-fourneaux du Creusot en Saône-et-Loire

Photos du plan incliné dans le bel article, dont extrait au dessus,  consacré aux mines de Saint-Georges-d’Hurtières à voir ici ===>>>

(2) Les plans cadastraux sont conservés aux Archives Départementales de Savoie à voir ici ===>>>

(3) Pour la famille CORNUTY on lira ci-dessus l’étude sur le château de Longebonne, dans « Petite et grande histoire de Mercury » de Jean BRUNIER.

Long1Long2Long3

Signalons aussi l’obtention de lettres de naturalité par un proche parent CORNUTY :

Long4

Et voici le document complet

Pouille.1Pouille.2Pouille.3Pouille.4

 

 

 

 


Une réflexion sur “La Pouille à Aiguebelle en Savoie

  1. Bonsoir.
    J’habite à 20 kilomètre d’Aiguebelle. Le Mont-Cenis est assez loin d’Aiguebelle. Il me semble que cela aurait plus juste de dire qu’Aiguebelle était sur la route de Saint Jean de Maurienne. Toutes fois le Mont-Cenis se trouve bien dans cette direction. Merci pour le partage.

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