Jeanne et la famille KOENIG BELLIARD-de-VAUBICOURT

Ma soeur Françoise me fait parvenir cet intéressant article sur notre « Tante Jeanne » notice qu’elle a composée à partir des archives familiales dont elle est la gardienne.


Jeanne FOESSEL -née en 1882- vivait à Elsenheim (Bas-Rhin) où son père Wendelin, né en 1854, était directeur d’école. Français avant 1870, Allemands après 1870…Coincés entre deux langues, la plupart des habitants du village n’en maîtrisaient aucune et continuaient à parler le dialecte alsacien en famille.
Wendelin avait le souci d’éduquer ses enfants. Son aîné devint instituteur, la deuxième religieuse enseignante, le 3 ème mourut en bas âge, le 4 ème décéda accidentellement. Jeanne était la 5 ème (9 frères et sœurs la suivirent).

Jeanen FOESSEL avec sa fratrie, ses parents et sa grand-mère

Ayant peu d’argent, et l’Alsace étant allemande, Wendelin décida de placer sa fille à Lure (Haute-Saône) en « France de l’intérieur ».
C’est tout ce que nous savions sur la jeunesse de notre grand-tante Jeanne, jusqu’à la découverte d’une lettre dans les papiers d’Alice, nièce de Jeanne.

Lettre de 1903 de KOENIG BELLIARD de VAUBICOURT

Lure le 30 mars 1903
Monsieur,
Je ne veux pas laisser partir de ma maison votre fille Jeanne sans venir vous informer moi-même tout le bien que Madame de VAUBICOURT en dit dans le certificat qu’elle lui a donné avant son départ. Nous avons pu apprécier pendant les quatre années qu’elle a passées près de nos enfants les très sérieuses qualités, fruits de la bonne éducation qu’elle a reçue près de vous dans sa famille – et c’est en toute sincérité que nous pouvons dire que nous la regrettons autant que nous l’estimons. Elle nous fera donc toujours plaisir quand elle nous donnera de ses nouvelles et des vôtres et nous lui souhaitons tout le bonheur qu’elle mérite.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de mes meilleurs sentiments
KOENIG de VAUBICOURT

Alice avait rajouté au stylo « Mr de Vaubicourt – capitaine
»

Il s’agissait donc d’une lettre adressée à Wendelin FOESSEL au sujet de sa fille. Nous pensons que le maître d’école demanda à Jeanne d’écrire le brouillon d’une réponse. Elle s’exécuta au crayon gris sur la même lettre, le papier étant cher.

Réponse de Jeanne, brouillon au crayon

Voici le texte :
Aujourd’hui. Je pense que les enfants se portent bien et surtout ma bonne petite Lisette qui était souffrante au moment de partir ce qui me faisait beaucoup de peine de la quitter, je l’aimais de tout cœur ainsi que Delle A.M et Mr. Louis que je n’oublierai jamais et ils viendront nous voir un jour en Alsace et nous ferons de belles promenades.
Je pense que Marie se fera à son …iage (mariage ?) et qu’elle s’ennuie pas.
Veuillez cher Monsieur de présenter tous mes respects à Mme de Maub. Ainsi qu’à ses dames qui étaient charmantes pour moi et je leur garde toujours un bon souvenir et croyez toujours à l’assurance de mes bons souvenirs de tous. Votre toute dévouée Jeanne FOESSEL Bien le bonjour à Emile et Marie

Jeanne était donc entrée au service de cette famille en 1899 à l’âge de 17 ans. D’après cette lettre, elle s’occupait certainement des enfants de Mr et Mme KOENIG de VAUBICOURT :
Lisette (un bébé ?), Demoiselle A.M (Anne-Marie ?) et Monsieur Louis.
Emile et Marie faisaient peut-être partie du personnel.
En cherchant dans la base Leonore, nous trouvons le dossier d’Edouard Auguste Sylvestre KOENIG-BELLIARD-de-VAUBICOURT, né le 29/12/1855 à Paris, capitaine du 13 ème régiment de dragons, promu chevalier de la légion d’honneur en 1900, décédé le 7/01/1919 dans le Loir et Cher. Il n’y avait aucun doute, c’était bien le maître de maison, la signature du promu étant identique à celle de la lettre.

Signature E.KOENIG de VAUBICOURT
Signature E.KOENIG de VAUBICOURT

On peut retracer le parcours du capitaine avec ces documents téléchargeables ici ===>
Mais revenons à Jeanne qui dépendait surtout de la maîtresse de maison, Madame de VAUBICOURT. Qui était-elle ? Nous trouvons sur Paris le mariage du lieutenant avec Marie Amélie Marguerite RUFFET le 1/02/1887.

Mariage à Paris KOENIG-BEMMIARD de VAUBUCOURT et BUFFET

Nota : On y apprend que Le lieutenant Édouard Auguste Silvestre KOENIG BELLIARD de VAUBICOURT a pour père François Louis Félix KOENIG décédé et pour mère Marie Armande Félicité BELLIARD de VAUBICOURT. En 1878, le capitaine demandera l’association des deux patronymes de ses parents. On apprend aussi dans cet acte de mariage que la mère du lieutenant est remariée au marquis de TRAVENET, ce qui correspond à l’annonce dans le magazine littéraire et politique
« Le Gaulois » de 1919 (photo 8)

La « patronne » de tante Jeanne était-elle Marie Amélie Marguerite RUFFET ? Nous pensons que oui car nous avons en 1894 à Joigny la naissance de Louis dont Jeanne parle dans sa lettre.

Naissance de Louis KOENIG BELLIARD de VAUBICOURT

Louis avait donc 5 ans quand Jeanne est arrivée. Le petit garçon devenu par la suite officier passera « à l’aviation » en 1916 (source ministère des armées), sera promu lieutenant-colonel en 1938, affecté à la 3 ème escadre aérienne et obtiendra la croix de guerre à 2 palmes et 1 étoile. (source : ministère de la culture/grand mémorial).
Nous ne savons pas pourquoi, en 1903, Jeanne a quitté cette famille et les enfants qu’elle semblait bien aimer.
Son bagage en français lui permit de se placer par la suite chez Madame LAILLIER à Landser (Haut-Rhin) (voir à ce sujet la notice ici ===> et aussi celle-là ici ===>) Elle décéda en 1970.
Fidèle au dialecte alsacien, nous n’avons ne l’avons jamais entendu parler le français.


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